Hagakure 葉隠

Le code du samouraï

La Hagakure est un recueil de pensées écrit au début du XVIIIème siècle par un samouraï reclus du clan Nabeshima, Tsunetomo Yamamoto. Ce dernier y expose sa conception du bushidô, la "voie du guerrier", qui restera anonyme jusqu'à l'époque Meiji (1868-1912), pendant laquelle elle deviendra alors au contraire très en vogue.

Le guerrier astreint à la paix

Tsunetomo Yamamoto était un samouraï du clan Nabeshima, installé dans le Hizen (terres à cheval entre les préfectures actuelles de Saga et de Nagasaki). Après la mort de son maître, et devant l'impossibilité édicté par les Tokugawa pour les vassaux de se faire seppuku pour suivre leur suzerain dans la tombe, Tsunetomo Yamamoto se fit moine et se retira dans une hutte. C'est dans cette mise en retrait, qu'iléchangea plusieurs années avec un scribe (1709 - 1716), qu'il créa le Hagakure, littéralement "à l'ombre des feuilles".

Une statue de samouraï à Sendai.

Une statue de samouraï à Sendai.

Jnto

Une théorisation de la voie du guerrier

Le Hagakure est composé à l'origine de 11 volumes, mais seuls les deux premiers sont consacrés à la théorisation du bushidô ("la voie du guerrier"), les autres traitant du clan Nabeshima et de l'histoire de la province. Dans ces deux premiers tomes, Tsunetomo Yamamoto défend une éthique où priment la fidélité au suzerain et l'acceptation du sacrifice de soi, jusque dans la mort.

Le samouraï doit ainsi se penser comme un homme déjà mort, et accepter cette dernière sans tressaillement. Il doit être capable d'agir vite, sans s’appesantir sur ses pensées, et de profiter du "paradis qu'est la vie" à chaque minute, à l'instar du carpe diem ("cueille la vie") d'Horace. 

Il doit aussi faire grand cas de son allure, en étant propre, soigné, pour ne pas laisser derrière lui un corps négligé s'il venait à mourir de manière inopinée. Le samouraï doit aussi toujours rester maître de lui-même et de ses propos.

Musashi Miyamoto, archétype du samouraÎ

Wikipedia

Un retentissement dans le Japon d'avant-guerre

Le Hagakure est découvert lors de la restauration de Meiji et connaît une forte diffusion au Japon au début du XXème siècle. Il devint un des livres de chevet des Japonais lors de l'époque militariste des années 30, et en contrecoup, fut discrédité après-guerre. 

Il continua pour autant à exercer une certaine fascination sur des Japonais tels que Mishima,qui en produisit un commentaire, ainsi que sur les étrangers qui s'intéressent au bushidô.

Yukio Mishima

Wikipedia

Nos derniers articles

L'été au Japon

Les symboles de l'été au Japon

Une plage, des parasols, le soleil, la mer …Pour nous Occidentaux, c’est l’image (stéréo)type de l’été. Rien de tout cela au Japon.

Vue d'une tanhokutei, maison de la cérémonie du thé, sur le temple des mousses, Saiho-ji de mousses à Kyoto.

La maison traditionnelle japonaise

Structures en bois, pièces en tatami, parois en papier : au Japon, les maisons ont de quoi dépayser lesOccidentaux, plus habitués aux murs de béton et aux sols carrelés.

Le Bakeneko, un chat pas ordinaire

Le bakeneko ou la légende du "chat-monstre"

À l'origine d'une superstition vieille de plusieurs siècles sur l'archipel, le bakeneko ou "chat-monstre" est un félin un peu spécial.

Voir tous les articles (292)

Commentaires

Notez l'article

Votre commentaire

Image CAPTCHA
Enter the characters shown in the image.
* Champs obligatoires